Conseils pour l'apprentissage d'un apprentissage

Vous êtes parent d’un enfant qui débute l’apprentissage d’un instrument : voici quelques conseils.

 

   Votre enfant a eu envie d’apprendre un instrument. Ravi de lui offrir cette opportunité, vous l’avez inscrit dans une école de musique et lui avez procuré un instrument. Passé l’enthousiasme des premiers cours, et la joie d’avoir l’instrument en vrai, les choses deviennent concrètes et les difficultés arrivent. J’ai une bonne nouvelle : c’est parfaitement normal ! Car il faut savoir qu’apprendre à jouer d’un instrument est loin d’être facile. Position fatigante, mal aux doigts, poids de l’instrument (même un violon qui ne pèse que 500gr peut engendrer de la fatigue. Faites du reste l’essai de tenir 500gr à bout de bras pendant 10 minutes et vous m’en direz des nouvelles. Essayer en plus de déchiffrer des hiéroglyphes… Je pense que vous avez compris). Par ailleurs, c’est une activité qui se rajoute à l’école, ou l’enfant vient de passer plusieurs heures, attentif et concentré… Et voilà qu’une fois sa journée d’écolier terminée, il doit se remettre au travail ! C’est beaucoup demander… Aussi, chers parent, sachez que c’est à ce moment que votre présence et votre soutien sont importants. Vous devez être là pour accompagner, aider et encourager votre enfant dans son apprentissage, même si comme de nombreux parents vous avez éprouvé une grande solitude au début de l’année, lorsque le professeur d’instrument vous a demandé de « travailler l'instrument avec votre enfant à la maison »). Cet accompagnement est pourtant indispensable. Car, contrairement à ce que l’on peut supposer, un bon professeur de musique ne suffit pas ; il faut des parents impliqués ! Alors, voici quelques pistes…

 

  1. Instaurez la régularité

   Réservez au travail de l’instrument un petit moment chaque jour, et dans la mesure du possible tous les jours, même le week-end. Attachez-vous alors à guider votre enfant (si vous n’êtes pas musicien, suivez simplement les consignes du professeur), à l’encourager dans ses efforts et à le féliciter pour ses progrès. Ce créneau sera un moment partagé entre travail et plaisir, un moment de proximité, de complicité, d’intimité avec votre enfant.

 

  1. Sachez le faire travailler

   Il n’est pas utile de demander à votre enfant de jouer son morceau ou ses exercices à maintes reprises. Il ne progressera pas vraiment et se lassera. Pour être efficace, il faut travailler avec méthode, savoir pourquoi l’on travaille, se fixer des objectifs précis et suivre des consignes claires.

   Voici une méthode efficace : travailler un passage à la fois, en commençant par le solfier (lire les notes en mesure pour savoir à l’avance ce que l’on devra ensuite jouer). Car si l’enfant attaque directement un déchiffrage avec son instrument, cela constituera un exercice à la fois complètement abstrait et très pénible. « Déchiffrer » un morceau sans l’entendre intérieurement, sans anticiper le son à produire, revient en effet à avancer de note en note sans savoir où l’on va. Il est donc primordial, avant de jouer un passage sur son instrument, sinon de l’entendre, au moins d’en connaitre tous les aspects solfègiques. Ensuite on pourra passer à l’instrument. En clair : une fois que l’on sait ce que l’on doit jouer, on peut s’atteler à « comment le jouer ». On s’attache alors à travailler le passage en question en respectant au mieux les consignes du professeur (les bons doigtés, la bonne position, les nuances appropriées, la ponctuation etc.). C’est le côté purement « technique » du travail instrumental. Pour les parents, c’est là qu’il faut tenter de repérer les éventuelles fautes ou erreurs pour aussitôt les corriger, car une erreur répétée plusieurs fois de suite sera bientôt acquise et il sera alors très difficile de la corriger. Il faut aussi essayer de repérer dès le début les difficultés purement techniques et y consacrer le temps nécessaire (un déplacement ardu, un intervalle acrobatique, un accord compliqué, un rythme nouveau…). Car « progresser », c’est réussir à faire maintenant ce que l’on n’arrivait pas à faire auparavant. Et dans tous les cas, en travaillant, il faut toujours chercher à améliorer quelque chose dans son jeu (le son, la justesse, la vitesse…). Il est inutile de « rabâcher », uniquement en attendant que le temps passe… De plus, mieux vaut « peu et bien » que beaucoup et « à peu près ». Côté parent, à la place de « Peux-tu jouer cela dix fois ? », optez plutôt pour « Où est la difficulté ? Que peut-on améliorer ? Quel exercice serait approprié pour progresser ? ». Naturellement, il ne faut pas cherchez à corriger tous les paramètres d’un coup ; il faut hiérarchiser : les bonnes notes et le rythme d’abord (la justesse pour les instruments à cordes), la position, le phrasé et l’articulation ensuite, le son et les nuances lorsqu'on est un peu plus à l’aise… Enfin, plus l’enfant est jeune, plus il faut varier le type de travail proposé. Si vous voyez que tous les paramètres ne rentrent pas tout de suite, laissez-en pour demain.

   Sachez aussi qu’une erreur bien souvent commise pourrait se résumer ainsi : on connait parfaitement bien le début, ça va encore pour le milieu de la partition mais la fin du morceau est bien plus hésitante et fébrile. C’est souvent lié au fait que l’élève redémarre à chaque fois depuis le début quand il travaille. Il faut éviter au maximum de faire cela et étudier une partition par « section ». Un passage pour chaque jour de la semaine… En tout cas, une fois que les premières mesures sont sues, il faut travailler le milieu et la fin. Il est naturel que l’élève ait tendance à jouer ce qu’il sait et à éviter ce qu’il doit encore apprendre ; c’est une situation de confort qu’il faut éviter. En revanche, c’est toujours un moment plaisant et rassurant pour lui de jouer un passage qu’il connait : il sera heureux (et fier) de vous jouer un morceau (ou même un extrait) qu’il maitrise bien. Alors n’hésitez pas à le lui demander, même si s’il vous l’a déjà joué mille et mille et mille fois…

 

  1. Laissez l’instrument disponible pour jouer

   Tout ce qui peut réduire le nombre de gestes (et la perte de temps) avant de pouvoir jouer doit être utilisé. Notamment le fait de ne pas ranger l’instrument après la séance de travail. Pour le piano, laissez ouvert le couvercle. Pour les instruments se rangeant dans un  étui, laissez-le hors de l’étui, avec un linge pour le protéger de la poussière. Vigilance tout de même sur la sécurité de l’instrument. Un accident est vite arrivé. Mettez-le dans un coin loin d’un lieu de passage.

 

  1. Faites écouter à votre enfant l’instrument qu’il apprend

   Maintenant que votre enfant pratique un instrument, il est bon de le lui faire écouter ! Qu’il entende de la musique est important. Notamment son instrument. Emmenez-le aussi au concert de temps en temps. Regardez des vidéos avec lui, offrez lui des CD, des DVD...

 

  1. Récompensez les efforts

   Trouvez un moyen d’introduire de petites récompenses, surtout pendant les périodes de gros coups de mou. Si votre enfant est collectionneur de cartes ou de stickers, cela peut être un bon moyen de l’encourager une fois un objectif atteint (la plus belle des récompense étant tout de même celle de faire plaisir à ses parents…). En tout cas, n’oubliez pas d’encourager l’effort et non pas le résultat ! Bien évidemment, une fois que votre enfant a atteint les objectifs déterminés avec lui pour la séance, félicitez-le !

 

  1. Transformez votre salon en salle de concert

   Dans le registre des valorisations, ne tablez pas uniquement sur l’audition publique programmée dans six mois. Provoquez les petits concerts en famille ou entre copains. Si vous pratiquez d’un instrument, vous pouvez chercher des répertoires à jouer avec votre enfant. Mais jouez le jeu : scénarisez un vrai concert, avec un programme griffonné sur des dépliants, un vrai public… et une vraie sortie des artistes, avec autographes et goûter à la clé !

 

  1. Incitez votre enfant à jouer avec son instrument

   N’oubliez pas qu’un instrument est tout d’abord une source sonore riche pour un enfant, au-delà du répertoire qui lui permet de franchir les étapes et acquérir une certaine technicité. L’improvisation peut être un bon moyen pour votre enfant d’aborder son instrument comme un jouet. C’est un formidable moyen de stimuler sa créativité, d’apprendre à s’écouter et d’explorer toutes ses possibilités sonores. Guidez-le en lui donnant des idées des sons à rechercher : on ne se rend pas toujours compte qu’un enfant ne sait pas qu’un violon, cela ne se joue pas uniquement avec un archet et que la pédale sur un piano ne sert pas à jouer plus vite ! L’improvisation peut en effet être ritualisée de façon à marquer la fin d’une séance de travail de façon ludique.

  

 

   Si tout cet investissement vous semble insurmontable, dites-vous bien qu’il ne durera qu’un temps. Une fois les bonnes habitudes acquises, vous pourrez souffler un peu avant la prochaine étape : l’adolescence, qui vous mettra face à de nouveaux défis !

 

                                                                                                                             Jean Bouchon

Bon à savoir

 

 

A quel âge peut-on commencer à apprendre la musique ?

Notre école de musique à Nice accueille les enfants dès l’âge de 18 mois en baby-éveil, de 3 ans en éveil musical et de 5 ans en classe d’instrument et de formation musicale (il n’est pas nécessaire de savoir lire ni écrire pour commencer la formation musicale). Pour certains instruments cependant, les débutants doivent être plus âgés (ex : pour les cuivres). Quant aux adultes, ils sont acceptés dans toutes les disciplines instrumentales et sans limite d’âge.

 

Le solfège, est-ce obligatoire ?

Les enfants et le solfège : les classes de solfège sont fortement recommandées aux  débutants. C’est un apprentissage nécessaire du langage musical et très ludique, contrairement à la légende. C’est surtout autant de connaissances que le professeur d’instrument n’aura pas à inculquer lui-même à l'élève, libre dès lors de consacrer la totalité de sa leçon au seul travail de l’instrument.

Les ados et le solfège : le professeur d’instrument peut se charger d’enseigner en parallèle le solfège et l’instrument aux ados (surtout dans les sections « rock » ou « accompagnement »). Mais les ados sont les bienvenus dans les classes de solfège, surtout s’ils ont des ambitions musicales sérieuses.

Les adultes et le solfège : rien que le mot leur fait peur ! Aussi, les connaissances théoriques sont intégrées dans les cours d’instrument.

 

Quelle est la durée d'un cours ?

La durée des cours collectifs est de 1 heure (solfège, éveil,…). Pour les cours individuels d’instrument, la durée dépend de l’âge et du niveau de l’élève. La durée minimum est cependant de 30 mn.


Quels styles de musique sont enseignés ?

Nous enseignons tous les styles de musique, dès lors que la maturité musicale et le niveau technique de l’élève s’y prêtent.


Comment bien apprendre ?

L’étude de la musique exige un travail personnel régulier (même pour les plus jeunes). Les professeurs demandent à leurs élèves un entrainement si possible quotidien car seule la régularité et la persévérance conduisent à des progrès notables, et seuls les progrès entretiennent la motivation. Le travail ne doit jamais rimer avec contrainte. L’étude d’un instrument peut et doit être vécue comme une activité plaisante, enrichissante, valorisante et dans laquelle on s’épanouit.

 

Où acheter et louer un instrument ?

L’Académie ne loue pas d’instrument mais nous pourrons vous recommander plusieurs commerçants spécialisés dans cette activité. Nous venons également de lancer sur le site internet un espace d’échanges entre les élèves de l’académie leur permettant ainsi de vendre ou acheter leur instrument. Envoyez nous dès maintenant vos demandes par email et nous les mettrons en ligne!

 

Comment s'inscrire?

Les inscriptions se font sur place avec ou sans rendez-vous (risque d’attente), à partir du 1er septembre. On peut aussi s’inscrire en cours d’année, sous réserve de places disponibles.

Pour tout renseignement, vous pouvez nous contacter au 04 93 26 60 71.